
Sony vient de déployer la mise à jour PSSR2 sur la PS5 Pro, censée transformer l’expérience visuelle des joueurs grâce à un upscaling IA de nouvelle génération. Annoncée le 27 février 2026 et disponible depuis le 17 mars, cette technologie devait enfin justifier les 800 euros demandés pour la console. Le résultat est pour le moins déconcertant : des améliorations à peine perceptibles à l’œil nu, un ray tracing qui disparaît mystérieusement de la PS5 standard, et une stratégie commerciale qui soulève de sérieuses questions à l’approche de la sortie de GTA 6.
PSSR2 de la PS5 Pro : la promesse d’une révolution technologique

Quand Sony a lancé la PS5 Pro en novembre 2024, le constructeur japonais promettait une véritable révolution. Le prix de 800 euros — sans lecteur de disque ni support vertical, soit près de 920 euros pour un kit complet — devait se justifier par une technologie inédite : le PSSR, ou PlayStation Spectral Super Resolution.
Le PSSR repose sur le même principe que le DLSS de Nvidia ou le FSR d’AMD : des algorithmes boostés par l’intelligence artificielle qui analysent et améliorent l’image en temps réel. L’idée est de permettre aux jeux de tourner en 4K à 60 images par seconde sans sacrifier la qualité visuelle, là où la PS5 classique oblige les joueurs à choisir entre un mode fidélité (4K natif à 30 fps) et un mode performance (1080p ou 2K à 60 fps).
Le problème, c’est que le PSSR version 1 a été un flop retentissant. Non seulement la technologie n’a pas tenu ses promesses, mais elle a même dégradé le rendu de certains jeux à son lancement. Face aux critiques, Sony a rapidement laissé entendre qu’une mise à jour majeure était en préparation. C’est ainsi qu’est né le PSSR2, fortement inspiré de la FSR 4 d’AMD, déployé le 17 mars 2026 avec une douzaine de titres compatibles. Comme le rapportait notre tour des news gaming début mars, Sony avait déjà commencé à préparer le terrain pour cette mise à jour.
PSSR1 vs PSSR2 : une amélioration à peine perceptible

Les premières comparaisons entre PSSR1 et PSSR2 ont de quoi laisser perplexe. En observant les captures d’écran côte à côte, la différence est si subtile qu’il faut zoomer pour la percevoir. On note une légère amélioration de la netteté, des reflets un peu plus définis, mais rien qui justifie le terme de « révolution » martelé par Sony depuis des mois.
Ce qui inquiète davantage, c’est l’orientation prise par cette mise à jour. Le PSSR2 se concentre quasi exclusivement sur l’amélioration visuelle — la stabilité de l’image et la clarté en mouvement. La technologie utilise une bibliothèque d’IA qui analyse les images pixel par pixel lors de la mise à l’échelle. C’est techniquement intéressant, mais le vrai enjeu pour les joueurs était ailleurs : obtenir des jeux qui tournent mieux, à des framerates plus élevés, avec davantage de modes d’affichage.
Or, à aucun moment dans la communication officielle de Sony, il n’est question d’amélioration des performances brutes. Pas de promesse de 60 fps généralisés, pas de nouveaux modes de jeu, pas de gain technique tangible au-delà de l’upscaling. Le PSSR2 semble être une mise à jour cosmétique qui tente de corriger les lacunes du PSSR1 sans offrir ce que les joueurs attendaient réellement de leur investissement à 800 euros.
Resident Evil Requiem : le ray tracing retiré de la PS5 standard

C’est peut-être le point le plus préoccupant de toute cette affaire. Resident Evil Requiem, sorti fin février 2026, est le premier jeu à intégrer nativement le PSSR2. Et Capcom a fait un choix qui en dit long : le ray tracing est réservé exclusivement à la PS5 Pro.
Sur PS5 standard, le jeu ne propose plus de mode fidélité ni de mode performance séparés. Il n’y a qu’un seul mode unique, certes fluide et visuellement réussi grâce au RE Engine, mais dépourvu de ray tracing. Sur PS5 Pro en revanche, les joueurs bénéficient de plusieurs modes d’affichage incluant le ray tracing, ce qui crée une différence visuelle frappante entre les deux versions.
Le problème est flagrant : pendant cinq ans, la PS5 a proposé du ray tracing sur de nombreux titres, avec des compromis acceptables entre qualité et performance. Comment expliquer que cette fonctionnalité disparaisse soudainement d’une console qui en était pourtant capable ? La coïncidence avec le lancement du PSSR2 et la stratégie de repositionnement de la PS5 Pro ne passe pas inaperçue.
GTA 6 et la PS5 Pro : le vrai risque pour les joueurs

C’est là que le scénario devient véritablement inquiétant. Rockstar Games et Sony entretiennent un partenariat commercial de longue date pour GTA 6. La sortie du jeu, prévue pour l’automne 2026, pourrait devenir le plus gros coup marketing de l’histoire de la PS5 Pro.
Si l’on suit la logique de ce qui s’est passé avec Resident Evil Requiem, le schéma serait le suivant : GTA 6 tournerait de manière fluide et visuellement impressionnante sur PS5 standard, mais avec des limitations artificielles. Pas de ray tracing, un seul mode d’affichage, tandis que la PS5 Pro proposerait une expérience nettement supérieure avec plusieurs modes incluant le ray tracing et le PSSR2.
Le timing serait imparable. Comme l’avait révélé la découverte de GTA 6 dans la base de données PlayStation, Sony prépare le terrain depuis des mois. Imaginez un patch PSSR2 pour GTA 6 déployé une semaine avant la sortie du jeu, avec des comparaisons visuelles aussi frappantes que celles de Resident Evil Requiem. Des millions de joueurs se rueraient sur la PS5 Pro, créant potentiellement des ruptures de stock.
On a déjà vu Sony adopter des stratégies commerciales discutables ces derniers mois. Le constructeur semble de plus en plus enclin à forcer la main des consommateurs plutôt qu’à convaincre par la qualité de son offre.
Faut-il acheter la PS5 Pro avant la sortie de GTA 6 ?

La question que se posent aujourd’hui des millions de joueurs est simple : faut-il investir 800 euros dans une PS5 Pro avant la sortie de GTA 6 ? La réponse n’est pas aussi tranchée qu’on pourrait le croire.
D’un côté, si la tendance Resident Evil Requiem se confirme sur les prochains gros titres — c’est-à-dire un ray tracing réservé à la PS5 Pro et des limitations imposées sur la PS5 standard — alors oui, la différence pourrait être suffisamment marquée pour justifier l’achat. Le ray tracing transforme réellement l’atmosphère d’un jeu, et sur un titre aussi attendu que GTA 6, l’expérience visuelle comptera énormément.
De l’autre, le PSSR2 n’a pour l’instant pas prouvé grand-chose en termes d’amélioration technique concrète. Les gains visuels restent marginaux, et la stratégie de Sony ressemble davantage à une opération marketing qu’à une véritable avancée technologique. Si les améliorations restent du niveau de ce qu’on a vu jusqu’ici — une netteté légèrement accrue qu’on ne perçoit qu’en zoomant — dépenser 800 euros pour ça relève du superflu.
L’été 2026 sera déterminant. Si les gros titres qui sortent d’ici là — comme les exclusivités PlayStation annoncées récemment — suppriment systématiquement le ray tracing de la PS5 standard, le signal sera clair : Sony pousse les joueurs vers la PS5 Pro par la contrainte plutôt que par l’innovation. Et dans ce cas, ceux qui veulent jouer à GTA 6 dans les meilleures conditions possibles n’auront d’autre choix que de céder. Un aveu d’échec déguisé en stratégie commerciale, qui laisse un goût amer à tous ceux qui avaient cru à la promesse d’une révolution à 800 euros.




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