Dans une vidéo qui a fait réagir sa communauté, le créateur Juste Sam revient sur son expérience avec Crimson Desert, le nouveau jeu de Pearl Abyss. Après seulement trois heures de jeu, il a demandé un remboursement. Voici pourquoi.
Black Desert Online, le meilleur MMO devenu casino
En 20 ans passés à chercher des pépites vidéoludiques, un jeu a occupé la vie de Juste Sam comme aucun autre. Ce jeu, c’est Black Desert Online. Et il n’a pas peur de l’affirmer : pendant un bref instant, BDO était le meilleur MMO RPG jamais développé.
Il pourrait passer des heures à expliquer pourquoi BDO est probablement l’un des meilleurs jeux auxquels il ait joué. Mais ça reviendrait potentiellement à vous encourager à y jouer. Et ça, il ne veut pas vous faire ça.
La raison est simple. Black Desert est passé du meilleur MMO RPG jamais conçu à un casino sinistre, sans fenêtres, où le seul objectif du patron est de vous enfermer dans des boucles ultra-addictives pour vous soutirer un maximum d’argent.
Malgré tout, Sam a quand même pardonné aux développeurs de BDO. D’abord parce qu’ils ne sont pas entièrement responsables de ce qui est arrivé au jeu. Mais aussi parce qu’il leur doit certains des meilleurs moments qu’il ait passés derrière un écran.
Alors imaginez son niveau d’excitation quand Pearl Abyss a annoncé Crimson Desert. Cette hype n’est d’ailleurs jamais retombée. Même après l’annonce que Crimson Desert ne serait pas un MMO RPG, mais un jeu solo. Parce que si Black Desert lui a appris une chose, c’est le génie de Pearl Abyss.
L’annonce de Crimson Desert et 7 ans d’attente

Sept ans d’attente pour enfin mettre les mains sur l’un des jeux les plus attendus de 2026. Et dès les premières minutes, le constat est clair : Pearl Abyss a fait un choix radical. Le studio a décidé d’abandonner ce qui faisait la force de Black Desert, à savoir ce style de combat cinétique reposant sur un enchaînement de commandes de mouvement, d’actions et d’animation cancels.
Le combat dans Black Desert est extrêmement difficile à décrire. Juste Sam le compare à une sorte de danse, ou peut-être même à la pratique d’un instrument de musique. Chaque action s’imbrique dans la précédente, chaque cancel ouvre une nouvelle possibilité. C’est un système d’une profondeur rare dans le genre.
Et c’est précisément pour ça que le choix de Pearl Abyss est difficile à comprendre. Le combat de Crimson Desert est extrêmement basique. Ce n’est pas mauvais en soi. C’est même parfois spectaculaire visuellement. Mais chaque compétence fonctionne de manière indépendante, sans lien avec la précédente. On perd toute cette fluidité, cette mécanique d’enchaînement qui rendait BDO si unique.
Un système de combat décevant

Concrètement, on peut spammer les attaques légères ou lourdes sans aucune pénalité, à part l’endurance. Quelques compétences sont mappées sur des touches historiques de BDO comme le F, mais la comparaison s’arrête là. Le combat de Crimson Desert ne propose rien d’original et ignore complètement l’ADN de son créateur.
Sur les trois premières heures de jeu, Juste Sam n’a trouvé qu’un seul moment où le système de combat l’a convaincu : un affrontement de type boss fight.

Ce que Crimson Desert n’ignore pas, en revanche, ce sont les mécaniques qui ont fait parler les grands RPG de ces dernières années. Le planeur, le système d’escalade basé sur l’endurance, les îles flottantes, le déverrouillage progressif de la carte. Le jeu veut clairement s’inspirer des meilleurs, et on peut comprendre pourquoi. Tous les grands chefs-d’oeuvre du jeu vidéo ont pris ce qui se faisait de mieux à leur époque et y ont ajouté une touche de génie.

Les commandes de combat rappellent vaguement celles de BDO
Le problème, c’est que dans Crimson Desert, cette touche de génie reste introuvable. Les déplacements et l’escalade sont chaotiques. La prise en main de la seule monture testée est nettement inférieure à celle de BDO ou de n’importe quel autre RPG majeur du marché. Quant aux puzzles auxquels on est exposé très tôt dans l’aventure, ils ont un goût de réchauffé.

Un Frankenstein du jeu vidéo sans âme
Plutôt que d’être l’héritier spirituel de grandes oeuvres, Crimson Desert s’apparente davantage à un Frankenstein du jeu vidéo. On distingue clairement des membres et des organes empruntés à Red Dead Redemption, Breath of the Wild, Assassin’s Creed ou encore The Witcher. Mais de la même manière que la créature de Frankenstein échoue à devenir humaine, Crimson Desert échoue à devenir bon. Comme nous l’avions déjà analysé dans notre article sur les avis divisés autour de Crimson Desert, le jeu divise profondément la communauté.

On sent immédiatement qu’un talent considérable et un temps énorme ont été investis dans la construction des différentes parties du jeu. Mais ce qui manque, c’est une âme pour les relier entre elles. De manière plus terre à terre, ce que l’on remarque très vite en jouant à Crimson Desert, c’est l’absence de vision. Et cette absence se ressent particulièrement dans l’écriture du jeu.
Concrètement, les premières heures de gameplay n’ont absolument aucun sens. On se fait tuer, on ressuscite sans que le jeu ne prenne la peine de justifier quoi que ce soit. On visite un village terrestre puis une dimension aérienne. Tout ça pour finir par aider des villageois qui ont souvent des problèmes avec leurs animaux de compagnie. Sérieusement. C’est à cause de ce genre d’absurdités que certains pensent encore que les jeux vidéo ramènent le cerveau à l’état de bouillie.

Le système de libération de régions, emprunté à d’autres jeux
Et on parle ici des premières heures de la quête principale. Pas de quêtes secondaires dénichées au fin fond de la carte. Ces missions sont imposées au joueur comme introduction au jeu. Selon Juste Sam, c’est comme si Pearl Abyss avait pris toutes les quêtes secondaires les plus insignifiantes de Black Desert Online pour les intégrer directement dans le contenu principal. Pour être parfaitement honnête, il est rare de voir un début de jeu aussi absurde et incohérent.

Une écriture absurde et une immersion brisée
Et puis il y a ce détail. Un détail qui peut sembler insignifiant pour certains, mais qui constitue pour Juste Sam une insulte au genre RPG. Dans Crimson Desert, impossible de devenir mauvais. Impossible de tuer les villageois. Impossible de s’en prendre aux gardes. Le jeu dit non, à tout, tout le temps.
Pour un titre qui se présente comme un RPG en monde ouvert en 2026, ce constat est difficile à avaler. Les cinématiques tentent de raconter quelque chose, mais la narration peine à trouver sa cohérence face à des mécaniques qui refusent la moindre liberté au joueur.
Juste Sam a grandi avec des titres comme Fable, Skyrim et Fallout. Dès le début des années 2000, ces jeux proposaient des mondes où l’impact de chaque choix se faisait sentir instantanément et sur la durée. Mais surtout, dès la première minute, ces univers étaient crédibles. Le joueur y croyait. Il s’y perdait. Il devenait quelqu’un d’autre.

Crimson Desert ne propose rien de tout ça. Les quêtes de village s’enchaînent sans réelle profondeur narrative. On aide un villageois, puis un autre, sans jamais ressentir que nos actions ont le moindre poids sur le monde qui nous entoure.

Le peu d’immersion qui restait après les problèmes de gameplay s’est tout simplement évaporé. Et quand l’immersion disparaît dans un RPG solo, le jeu perd sa raison d’être. Il ne transporte plus nulle part. Il devient une coquille vide, aussi jolie soit-elle.

Juste Sam pose alors la question du coût réel. Pas seulement les 70 euros demandés à l’achat. Le vrai prix, c’est le coût d’opportunité. C’est le temps que vous ne passerez pas sur des RPG qui sont de vraies oeuvres d’art. Si vous n’avez jamais joué à The Witcher, Cyberpunk 2077 ou Red Dead Redemption, il n’existe aucune raison valable de vous orienter vers Crimson Desert plutôt que vers ces titres.
Les combats de boss sont visuellement impressionnants, on ne peut pas le nier. Mais quand la narration est vide, quand rien ne justifie pourquoi on se bat, même le spectacle finit par lasser.

Le tableau d’affichage du village, symbole de quêtes FedEx génériques
Le remboursement après 3h19

Parce que le temps est notre ressource la plus précieuse, Juste Sam a décidé de couper ses pertes. Après 3 heures et 19 minutes de jeu, il a demandé le remboursement de l’un des titres qu’il attendait le plus en 2026.
Quand il a une réaction aussi viscérale face à un jeu, il ne peut pas s’empêcher d’aller voir ce qui se dit en ligne. Et dans le cas de Crimson Desert, il admet avoir été complètement déstabilisé.
Le jeu a été reçu positivement. Très positivement, même. Un nombre impressionnant de créateurs majeurs semblent vivre une expérience absolument incroyable. Certains passent un moment génial tout en étant payés par les créateurs du jeu. D’autres non. Mais le discours reste le même des deux côtés. Ce phénomène rappelle d’ailleurs la preview d’AlphaCast, qui avait testé le jeu 6 heures lors d’un événement Pearl Abyss.
Parmi ces créateurs, plusieurs expliquent qu’il faut persévérer au moins 4 heures pour apprécier le jeu. D’autres avancent 10 heures. Parfois même davantage. Face à ce phénomène collectif qu’il ne parvient pas à comprendre, Juste Sam décrit un sentiment de gaslighting. Presque au point de culpabiliser de ne pas avoir eu la force et la volonté de s’infliger Crimson Desert quelques heures de plus.
Il compare la situation à une exposition d’art contemporain ultra-médiatisée où il ne comprend absolument rien, mais où il faudrait faire semblant d’apprécier pour avoir l’air cool. La dissonance entre son expérience personnelle et l’enthousiasme quasi unanime en ligne crée un malaise difficile à ignorer.
Le diktat du fun et les hallucinations collectives
C’est après avoir échangé avec sa communauté Discord que Juste Sam en arrive au véritable message de cette vidéo. Son objectif n’est pas de décréter que Crimson Desert est un mauvais jeu. Son avis n’est pas une vérité universelle, et il le reconnaît sans détour. Vous pourriez très bien essayer le jeu et l’apprécier pour des raisons qui vous sont propres. Les défauts pointés dans cette vidéo seront peut-être corrigés au fil des patchs. Et il est tout à fait possible que Crimson Desert vous plaise tel qu’il est. Tout cela est parfaitement légitime.
Le vrai sujet, c’est la mécanique qui entoure ces jeux à gros budgets marketing. Des opérations commerciales capables de créer une forme de diktat, voire d’hallucination collective. « Il faut aimer ce jeu. Il faut y jouer tant d’heures pour le comprendre. Il faut, il faut, il faut. » Non. En réalité, vous n’avez aucune obligation. Si un jeu ne correspond pas à votre vision du jeu vidéo ou d’un genre en particulier, vous n’êtes pas tenu de l’apprécier. Jouez parce que ça vient de vous, parce que le jeu vous raconte ou vous montre quelque chose qui vous touche. Mais surtout, refusez que le jeu vidéo devienne un simple produit de mode. Comme le rappelle notre récap des actus MMORPG de mars 2026, Crimson Desert fait partie d’une vague de sorties qui mérite un regard critique.
Juste Sam tient à préciser que cette vidéo n’est en aucun cas une insulte envers ceux qui apprécient Crimson Desert. Ce n’est rien de plus que le reflet de ce qu’il attend du jeu vidéo en tant que forme d’art. On peut être d’accord ou non, et le débat reste ouvert tant qu’il se fait dans le respect. Le message final est limpide : gardez votre esprit critique face aux campagnes marketing, et ne laissez personne vous dicter ce que vous devez aimer.




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