
Nvidia vient de faire trembler l’industrie du jeu vidéo avec l’annonce de sa technologie DLSS 5, capable de modifier textures et éclairages en temps réel grâce à l’intelligence artificielle. Et forcément, la question s’est imposée : est-ce que GTA 6 va intégrer ce genre d’IA ? Strauss Zelnick, PDG de Take-Two Interactive, la maison mère de Rockstar Games, a répondu. Dans une interview récente accordée à The Business Game, il a fait six déclarations importantes qui résument clairement la position de Rockstar face à l’IA, aux publicités in-game et à l’avenir de GTA 6. Voici tout ce qu’il faut retenir.
DLSS 5 et GTA 6 : Rockstar dit non à l’IA visuelle de Nvidia

Nvidia a récemment introduit DLSS 5, une technologie d’intelligence artificielle capable de rehausser les textures, les lumières et les environnements des jeux vidéo en temps réel. L’annonce a immédiatement divisé la communauté gaming. D’un côté, ceux qui estiment que cela améliore le rendu visuel. De l’autre, ceux qui dénoncent une technologie nourrie d’images récupérées sans consentement, et qui donne aux personnages un aspect généré à la ChatGPT.
C’est précisément ce dernier point qui a alimenté les réseaux sociaux : plusieurs utilisateurs ont appliqué DLSS 5 à des captures de GTA 6, notamment sur les visages de Lucia et Jason. Le résultat ? Des portraits qui ressemblent davantage à des créations de GPT Image qu’à des personnages pensés par des artistes. Pas vraiment le style recherché par Rockstar.
Strauss Zelnick a donc été directement interrogé sur le sujet. Sa réponse est sans ambiguïté : GTA 6 n’utilisera pas ce type d’IA. Avec plus de 5 000 développeurs capables d’atteindre un niveau de réalisme ultra-poussé sans assistance extérieure, Rockstar n’en a tout simplement pas besoin. Ce que fait Nvidia en termes d’IA visuelle, Rockstar le réalise à la main — et mieux encore.
L’IA ne créera jamais le prochain blockbuster mondial

Zelnick ne s’est pas arrêté là. Il a voulu lever une idée reçue fondamentale : Rockstar Games n’a pas peur de l’intelligence artificielle. Il reconnaît que certains outils créatifs IA peuvent être utiles à l’industrie. Mais il affirme avec conviction que la technologie ne peut pas, et ne pourra jamais, créer le meilleur divertissement au monde.
Son argument est concret : des milliers de jeux vidéo sortent chaque année. L’IA peut très bien en générer les ressources visuelles ou le code. Mais produire une ressource, ce n’est pas créer un succès mondial. Aucun de ces milliers de jeux n’est joué partout sur la planète. Et selon Zelnick, il ne sera jamais possible de reproduire par une machine cette étincelle qui transforme un simple jeu en phénomène culturel. Elle ne peut venir que de la créativité humaine.
Pour les amateurs de GTA 6, c’est une confirmation précieuse. D’ailleurs, si vous suivez l’avancée du jeu, sachez que GTA 6 a récemment été repéré dans la base de données PlayStation, un signal fort que la sortie se rapproche.
Le mythe du jeu vidéo créé en un clic définitivement enterré

Certains croient vraiment que l’IA moderne permet désormais de créer un jeu à la hauteur de Rockstar Games avec un simple prompt. Cette idée a fait sourire Zelnick. Pas par condescendance, mais parce que la réalité du développement est bien plus exigeante que ne l’imaginent ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans un studio triple-A.
Si l’IA peut effectivement produire des jeux qui ressemblent visuellement à de gros titres, on en reste au stade purement graphique. Pour développer des œuvres comme Red Dead Redemption 2 ou GTA 6, l’implication à 100% de l’humain reste indispensable à chaque étape de la création. Ce n’est pas une improvisation de Zelnick : c’est une position cohérente avec tout ce qu’il a déclaré lors du call investisseur de février 2026.
On peut lui reconnaître une chose : il sait parler devant une caméra sans rien laisser fuiter de significatif. Mais la constance de son discours sur l’IA est en elle-même un message fort pour l’industrie tout entière.
Comment Rockstar utilise vraiment l’IA en interne
Sur ce point, Zelnick a été plus précis que d’habitude. Il a tenu à clarifier une confusion fréquente : l’IA générative et l’IA procédurale sont deux choses très différentes. Rockstar utilise bien des outils d’IA générative en interne, mais avec un objectif très circonscrit : réduire les coûts et gagner du temps sur les tâches répétitives.
L’exemple qu’il donne est parlant. Un développeur modélise un palmier, en fait un vrai joyau visuel, avec tout le soin et l’expertise d’un artiste. Un outil IA peut ensuite multiplier cet asset à travers l’ensemble de la carte. C’est un gain de temps réel, mais c’est l’équivalent d’un Ctrl+C. Le contenu reste entièrement créé par des humains. L’IA gère la logistique — l’humain garde le contrôle total sur le projet.
Ce modèle d’utilisation raisonnée de l’IA commence à faire école dans les grands studios. D’autres dirigeants de l’industrie partagent cette vision, à l’image de Jeff Kaplan qui a expliqué les coulisses du développement chez Blizzard — la pression industrielle y est aussi réelle que chez Take-Two.
GTA 6 sans pubs in-game — et un indice glissé sur le prix

Voilà une déclaration qui n’était pas attendue, et qui fait vraiment plaisir. Interrogé par le journaliste Christopher Dring sur les publicités in-game — un phénomène en pleine expansion dans l’industrie —, Zelnick a été catégorique : GTA 6 n’aura pas de pubs intrusives.
Sa logique est simple et difficile à contester : il trouve injuste d’imposer des publicités à un joueur qui a déjà dépensé entre 70 et 80 dollars pour acheter le jeu. C’est là que le détail passe inaperçu si on n’y prête pas attention : Zelnick vient de glisser une fourchette de prix pour GTA 6. Intentionnel ou lapsus ? Difficile à dire, mais la mention est là.
Il a tout de même ajouté une nuance : les publicités sont acceptables dans les jeux gratuits ou dans des contextes qui s’y prêtent. L’exemple de NBA 2K est parlant — des sponsors dans un stade de basket virtuel, c’est réaliste et cohérent avec l’univers. Mais de vraies réclames dans Vice City ? Hors de question. Pour un secteur en pleine mutation, comme en témoignent les récents bouleversements entre Xbox Project Helix et les décisions de Sony, cette position ferme de Take-Two sur les pubs est une promesse à retenir.
GTA 6 vise une génération entière de nouveaux joueurs

GTA 5 est sorti il y a plus de 13 ans. Logiquement, un journaliste a demandé à Zelnick s’il ne craignait pas que le public d’alors ait aujourd’hui trop d’obligations — boulot, famille, enfants — pour jouer autant qu’avant. La réponse est arrivée avec une sérénité déconcertante.
Zelnick n’est pas inquiet, et il l’explique en deux arguments imparables. Premier point : une toute nouvelle génération de jeunes joueurs est complètement à fond sur GTA 6. Ils n’avaient pas l’âge pour jouer à GTA V en 2013, mais ils l’ont maintenant. Deuxième point : GTA n’exige pas d’avoir joué aux épisodes précédents pour apprécier le suivant. La franchise est transgénérationnelle et intemporelle — si tu as une console et 17 ans, il est inconcevable de passer à côté de GTA 6.
Au-delà des mots, ce qui frappe dans cette interview, c’est le calme absolu de Strauss Zelnick. Il ne semble pas stressé, pas sous pression. Et quand le PDG d’une entreprise valorisée à des milliards affiche cette sérénité en parlant de son jeu phare, c’est généralement bon signe. Si le développement de GTA 6 connaissait des difficultés majeures, cela finirait bien par se lire sur son visage. Tout semble aller dans le bon sens chez Rockstar — et c’est exactement ce qu’on voulait entendre.




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