
En mars 2024, Dragon’s Dogma 2 sortait sous les éloges de la presse et sous les huées des joueurs Steam. Deux ans et demi plus tard, son extension Dark Arisen réconcilie les deux camps. 85 de moyenne sur OpenCritic, 87 % d’avis positifs sur Steam, là où le jeu de base plafonne toujours à « Moyennes ». L’homme derrière ce retournement est celui qui avait déjà sauvé le premier épisode, en 2013.
La presse et les joueurs enfin d’accord sur Dark Arisen
Sortie le 8 octobre sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2, l’extension totalise 46 critiques sur OpenCritic, pour une moyenne de 85 et 93 % de critiques qui la recommandent. Metacritic affiche 83 sur PS5, 85 sur PC et 88 sur Switch 2. Les notes s’étalent de 10/10 chez DualShockers à 3,5/5 chez RPGamer, avec une grosse majorité entre 8 et 9.


Le vrai changement est côté joueurs. Le 11 octobre, la page Steam de l’extension compte 675 évaluations, dont 586 positives, soit 87 %. Le jeu de base, lui, reste à « Moyennes » avec 63 % d’avis favorables sur plus de 118 000 évaluations. L’écart raconte l’histoire du jeu : un monde que tout le monde aimait, plombé à sa sortie par ses performances sur PC et une boutique de microtransactions mal reçue.
L’avis le plus utile de la page résume l’ambiance. Son auteur, Ripley, écrit : « Once again, history repeats itself with an expansion named Dark Arisen fixing the game named Dragon’s Dogma » (une fois de plus, l’histoire se répète : une extension nommée Dark Arisen répare le jeu nommé Dragon’s Dogma).
Kento Kinoshita, l’homme des deux Dark Arisen
La phrase de Ripley vise juste. En 2013, Dragon’s Dogma: Dark Arisen avait ajouté l’île de Bitterblack, ses ennemis plus durs et son butin plus profond, et transformé un bon jeu en jeu culte. Son réalisateur, Kento Kinoshita, revient aux commandes de la suite, comme Capcom l’a confirmé en juin. Hideaki Itsuno, le créateur de la série et réalisateur des deux jeux principaux, a quitté Capcom en août 2024, cinq mois après la sortie de Dragon’s Dogma 2.
Kinoshita n’a pas reproduit Bitterblack. L’extension se déroule dans Norgan, une région du nord abandonnée, couverte de neige et plus verticale que le reste du monde, avec des crochets d’escalade qui ouvrent des raccourcis. Douze donjons, les Rites perdus, y sont dispersés. Ils rapportent de l’équipement et des flammes qui activent des obélisques, sources de bonus permanents. Les vocations peuvent désormais équiper jusqu’à six compétences de combat. Et les joueurs ont adopté un nouveau compagnon, un loup nommé Freki, qu’on peut caresser.
Les reproches : le jeu se fait plus doux
Les critiques les plus nuancées convergent sur un point : l’extension rend Dragon’s Dogma 2 plus confortable, au prix d’une partie de son caractère. Chez GameSpot, Richard Wakeling (8/10) écrit aimer « this softened version of the game a little less » (cette version adoucie du jeu un peu moins) qu’auparavant, tout en y retrouvant ce qui l’avait séduit.

James Galizio, pour RPG Site (8/10), va plus loin. Les reliques, le nouvel équipement de l’extension, surclassent rapidement tout le matériel du jeu de base, même amélioré chez le forgeron, et ne peuvent pas elles-mêmes être améliorées. Leurs statistiques sont tirées au hasard, et la boucle reliques et crochets rend l’exploration moins surprenante. Son verdict : l’extension vaut largement le détour, surtout pour un nouveau joueur, mais elle « is nowhere near as memorable as the first game’s Dark Arisen » (est loin d’être aussi mémorable que le Dark Arisen du premier jeu).
Wccftech (8,5/10) salue un récit mieux construit et des personnages plus attachants, mais juge que le combat reste « a chaotic, unorganized mess » (un fouillis chaotique et désorganisé), amusant mais sans dimension tactique. Plusieurs tests relèvent aussi que les défauts de fond du jeu de base n’ont pas bougé, comme l’escalade des grandes créatures.
L’extension coûte plus cher aux joueurs de la première heure
Un avis négatif en chinois, parmi les plus soutenus de la page Steam, soulève un point que la presse a peu traité : le prix. Sur Steam France, l’extension seule coûte 29,99 euros. Le pack qui réunit le jeu de base et l’extension coûte 49,99 euros, alors que le jeu de base seul est affiché à 39,99 euros. Un nouveau joueur obtient donc le tout pour 20 euros de plus que l’extension seule.
Ceux qui ont acheté le jeu à sa sortie, parfois dans l’édition Deluxe, paient l’extension 29,99 euros sans réduction de « complétion » qui tiendrait compte de leur achat. Rien d’illégal ni d’exceptionnel, mais les 355 votes qui soutiennent cet avis montrent que la pilule passe mal. Sur Switch 2, où le jeu arrive pour la première fois, le pack se vend comme un jeu complet : Nintendo Life lui donne 9/10 et souligne qu’il tourne mieux sur la console de Nintendo qu’il ne le faisait sur PS5 à sa sortie.
Pour qui n’a jamais lancé Dragon’s Dogma 2, le pack à 49,99 euros est aujourd’hui la meilleure porte d’entrée : un jeu corrigé par deux ans de mises à jour, et une extension que presse et joueurs recommandent. Pour qui l’a lâché en 2024, l’extension est la meilleure raison d’y revenir, à condition d’accepter une aventure un peu plus balisée que l’originale.




0 Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter !