
NVIDIA a confirmé les premières machines RTX Spark et leur fenêtre de sortie, cet automne. Le fabricant ne vend plus une carte graphique à glisser dans un boîtier : il vend l’ordinateur entier, processeur compris. Et il quitte l’architecture qui équipe les PC depuis quarante ans.
RTX Spark : une puce complète, plus une carte
La plateforme associe un processeur Grace de 20 cœurs à une puce graphique Blackwell RTX, avec jusqu’à 128 Go de mémoire dite unifiée, c’est-à-dire partagée entre le calcul général et l’affichage au lieu d’être séparée en deux réserves. NVIDIA annonce un pétaflop de performance en intelligence artificielle, soit mille milliards d’opérations par seconde sur ce type de calcul, et vise environ 100 images par seconde en 1440p pour le jeu.

Le processeur Grace repose sur l’architecture ARM, celle des téléphones et des Mac récents, pas sur le x86 d’Intel et d’AMD. ASUS et MSI mènent le lancement, avec Acer, GIGABYTE, HP, Dell, Lenovo et Microsoft Surface derrière. Autant de constructeurs qui vendent d’habitude de l’Intel ou de l’AMD.
Le prix va faire mal
Les tarifs évoqués démarrent entre 2 500 et 3 000 dollars. Aucun prix officiel n’a été publié : NVIDIA n’a communiqué aucun tarif conseillé pour les portables, et aucune machine n’a de prix confirmé à ce stade.

À ce niveau de prix, la machine ne se compare pas à un PC de jeu mais à une station de travail. C’est cohérent avec le positionnement : les 128 Go de mémoire unifiée servent à faire tourner de gros modèles d’intelligence artificielle en local, ce qu’aucune carte grand public ne permet aujourd’hui. Le jeu à 100 images par seconde est l’argument d’appoint, pas la raison d’être.
Windows sur ARM, le vrai test
Les jeux PC sont compilés pour x86. Les faire tourner sur ARM suppose une couche de traduction qui convertit les instructions à la volée, et cette traduction coûte des performances. Qualcomm s’y est cassé les dents avec ses Snapdragon X : la bureautique passe, le jeu beaucoup moins.
Annoncer 100 images par seconde en 1440p sur une plateforme ARM revient donc à annoncer que ce problème est réglé. C’est la seule chose à vérifier au lancement, avant les pétaflops et les 128 Go : est-ce que les jeux de la bibliothèque Steam démarrent, et à quel prix en images par seconde. Tant qu’aucun test indépendant n’a répondu, le reste est du papier.
Le calendrier de tout ceci se lit dans un marché du matériel déjà tendu : la RTX 5090 est passée de 1 999 à 4 930 dollars sous l’effet de la pénurie de mémoire. Vendre la machine complète permet aussi de ne plus dépendre d’un prix de carte que le fabricant ne maîtrise plus. Valve prépare de son côté ses Steam Machine et Steam Frame, avec une approche inverse : du matériel modeste et un logiciel taillé pour lui. Sur le parc existant, NVIDIA joue une autre carte en offrant DLSS 4.5 à toutes les RTX, jusqu’aux séries 20 de 2018.




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