
Un compte banni, et la copie du jeu qui va avec : elle ne servira plus sur aucun autre compte. Depuis le 30 septembre, c’est la règle d’Arc Raiders, un jeu de tir d’extraction à la troisième personne d’Embark Studios où l’on affronte des machines, les ARC, et d’autres joueurs, et où l’on peut perdre tout son butin. Treize jours plus tard, le studio ouvre un test qui retire les autres joueurs de l’équation. D’un côté le bannissement à vie dès la première triche, de l’autre des parties d’Arc Raiders sans combat entre joueurs : deux réponses en deux semaines, à lire ensemble.
Le bannissement définitif, règle d’Arc Raiders depuis le 30 septembre
Dans « An Update on Anti-Cheat » (une mise à jour sur l’anti-triche), publié le 30 septembre 2026 et signé Aleks, producteur exécutif, Embark écrit que les bannissements définitifs sont désormais la norme pour tous les logiciels de triche connus. Tout compte pris à tricher est banni pour de bon, sans avertissement. Deux verrous s’y ajoutent. Les restrictions de licence empêchent une copie du jeu liée à une sanction de servir sur un autre compte. Et un compte qui a déjà été associé à une copie bannie reçoit à son tour un bannissement définitif.
Le virage est net. TechJuice, sous la plume de Muhammad Haaris, racontait en janvier que le studio, après de simples suspensions temporaires, venait de commencer à bannir définitivement. Le déclencheur cité : l’ultimatum du streamer TheBurntPeanut (« Fix this, or I’m actually out of here », soit « réglez ça, ou je pars pour de bon »), suivi, d’après son confrère Thump, d’un bannissement une demi-heure plus tard. Selon Beebom, Embark hésitait jusque-là à bannir à vie dès la première infraction.

Le bannissement vise aussi la machine. Le texte d’Embark explique que le blocage matériel, qui empêche le jeu de tourner sur le PC utilisé pour tricher, a vu son seuil abaissé récemment, avec une couverture élargie prévue plus tard dans l’année. Beebom le rapproche de l’action menée par Call of Duty contre un distributeur de Cronus, un appareil de triche, et le site a déjà raconté la riposte d’Activision contre la triche.
Détection et files d’attente : ce que le message détaille
Côté détection, le message d’Embark cite Denuvo, qui apporte une protection au niveau du noyau (le cœur du système, là où les tricheurs cherchent à se cacher), et Anybrain, qui fournit des détections. Beebom ajoute des modèles maison d’apprentissage automatique, et précise qu’une équipe humaine examine les séquences signalées avant de bannir : les systèmes observent le comportement dans la durée, d’où des sanctions qui ne tombent pas à la seconde. Elytra, le système maison déjà testé à petite échelle dans The Finals, un autre jeu d’Embark, pourrait arriver dans Arc Raiders plus tard. Embark reconnaît que la triche est une industrie de plusieurs milliards qui « ne peut pas être éliminée », selon Beebom.

Le chiffre qui ressort est ailleurs. Le « queue teaming » (des joueurs qui s’arrangent pour entrer dans la même partie et gâcher le raid d’un autre) a fait l’objet d’une séparation des groupes connus au matchmaking. « Five days later, we saw 85% fewer players engaging in this behavior » (cinq jours plus tard, 85 % de joueurs en moins adoptaient ce comportement), écrit Embark. Les raids gâchés sont passés d’environ un sur 50 à environ un sur 300, sans effet notable sur les temps d’attente. Le résumé de MetaForge en fait aussi le point saillant de l’annonce.
L’interrupteur PvE, du 13 au 20 octobre
Seconde réponse, ouverte ce 13 octobre à 11 h (heure d’été d’Europe centrale) et close le 20 octobre à la même heure : un test de matchmaking PvE, annoncé sur la page « PvE Toggle Beta Test : October 13-20 ». Dans ces parties, les joueurs ne peuvent pas se blesser entre eux, et les ARC restent dangereux. D’après Beebom, le test est ouvert à tous, sans inscription, par un interrupteur dans les options de matchmaking. Il arrive avec la mise à jour 2.1, publiée le même jour.

Le butin y vaut moins. Embark écrit que la valeur globale du butin sera abaissée sur les serveurs PvE, et Inven Global précise que le butin des parties classiques est légèrement relevé pendant le test. Cinq conditions n’ont pas d’option PvE : Night Raid, Locked Gate, Hidden Bunker, Frigate et Redirection. Un joueur à terre bénéficie de huit secondes de grâce, après quoi les ARC peuvent de nouveau l’attaquer s’il bouge. Embark explique ce choix par le souhait d’« explorer des moyens de maintenir la tension même sans PvP » (« to explore ways to maintain tension even in the absence of PvP », c’est-à-dire explorer des moyens de maintenir la tension même sans combat entre joueurs), selon Inven Global.

Selon KeenGamer, l’interrupteur disparaît ensuite, le temps d’examiner les retours, les temps d’attente, l’économie et l’effet sur le PvPvE (parties où joueurs et machines s’opposent). Le test n’est pas la promesse d’un mode PvE permanent.
Le PvE, abri contre les tricheurs ou simple préférence de joueurs
Sans combat entre joueurs, un tricheur n’a plus personne à viser. La réponse d’Embark, elle, ne passe pas par là. Les raisons données par le studio sont des chiffres de joueurs : d’après KeenGamer et Inven Global, 51 % des joueurs interrogés s’intéressent à une option PvE dédiée, et 37 % de la population préfère le jeu coopératif amical, un groupe en hausse depuis le lancement. Inven Global rappelle aussi que le jeu était pensé, il y a environ sept ans, comme un jeu coopératif de raids contre des machines.

Le sommaire de MetaForge pose la question des tricheurs dans son guide du test. Embark, lui, n’y répond pas : dans les textes du studio et des médias que nous avons lus, aucun ne présente ces parties comme une mesure contre la triche. Les deux annonces se croisent par la date, pas par le discours. Le studio tranchera après le 20 octobre. D’ici là, les joueurs lassés de croiser des tricheurs ont une semaine pour voir à quoi ressemble Arc Raiders sans adversaire humain.




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