Triche Call of Duty : Activision filme sa mise en demeure

Triche Call of Duty : un soldat masqué devant la porte d'une maison de banlieue, illustration de la mise en demeure filmée par Activision

Article de Kami

Un éditeur qui poursuit un vendeur de triche Call of Duty, ça s’est déjà vu. Un éditeur qui filme la remise des papiers et poste la vidéo sur son propre compte, c’est nouveau. Activision l’a fait le vendredi 28 août 2026, et a profité de l’occasion pour publier son bilan chiffré.

Un représentant légal, une caméra, et un « c’est quoi ? »

Une allée, une porte d’entrée, une caméra qui ne coupe pas. Un représentant légal monte jusqu’au domicile d’un vendeur de logiciels de triche, frappe, et lui tend une enveloppe. L’échange dure quelques secondes. Poli, presque banal.

Le document est une mise en demeure (en anglais cease and desist, l’injonction formelle de cesser une activité sous peine de poursuites). Celui qui la reçoit se fait appeler Elocarry. Il vend des outils de triche Call of Duty, mais aussi pour Rust et Apex Legends. Face au papier qu’on lui tend, il pose une seule question : « What’s that? » (c’est quoi ?). Le représentant lui conseille d’appeler le cabinet d’avocats mentionné dans le document.

Kotaku repère la vidéo le vendredi 28 août 2026, sur le compte X officiel Call of Duty. L’éditeur n’agit pas en coulisses : il filme, puis il diffuse. Le catalogue d’Elocarry rappelle au passage que ce marché déborde largement un seul jeu, et que ses effets se voient jusque dans les compétitions, comme lors de ce hack qui avait perturbé les finales nord-américaines d’Apex Legends.

Le message adressé aux autres vendeurs tient en une ligne : l’éditeur ira en justice, et il le fera savoir. Activision a déjà poursuivi des fournisseurs de triches en réclamant plusieurs millions de dollars. L’affaire a été rapportée par Rick Lane pour PC Gamer, le 30 août 2026.

Les chiffres qu’Activision avance sur la triche Call of Duty

Dans le fil publié à la suite de la vidéo, l’éditeur avance trois nombres précis sur sa campagne contre les vendeurs de triche Call of Duty.

  • 80 mises en demeure envoyées
  • 375 opérations de revente perturbées
  • 30 vendeurs fermés entièrement
La une de PC Gamer du 30 août 2026, article de Rick Lane annonçant 375 opérations de revente perturbées
PC Gamer, 30 août 2026, article de Rick Lane. Le chapô annonce d’emblée les 375 opérations de revente perturbées.

Elocarry a réagi presque aussitôt. Le compte Call of Duty a partagé une capture de son serveur Discord, où il annonce avoir « temporairement suspendu les ventes » de ses triches, le temps d’« examiner une affaire en interne ». Rien de plus sur la nature de cette affaire.

Ces trois nombres viennent d’Activision, et d’Activision seule. Ils sortent le jour même où l’éditeur se filme en train de sévir, sans qu’aucune source tierce ne puisse les recouper. Personne n’a vérifié le compte des mises en demeure, ni celui des opérations perturbées, ni celui des vendeurs fermés. À prendre pour ce que c’est : le bilan que l’entreprise choisit de rendre public.

Modern Warfare 4 et le vrai calendrier de l’opération

La vidéo ne sort pas seule. Dans le même fil, Activision évoque la suite de sa lutte contre la triche Call of Duty, cette fois dans Modern Warfare 4. La date choisie n’a rien d’anodin : c’est celle de l’ouverture d’une bêta à tous les joueurs.

Le blog officiel Call of Duty annonçant la bêta ouverte Weekend Two de Modern Warfare 4
La source
Le blog officiel Call of Duty, 30 août 2026 : le second week-end de bêta de Modern Warfare 4 est ouvert à tous depuis le 28 août.

Ce second week-end de bêta a débuté le vendredi 28 août. Contrairement au premier, il est accessible à tout le monde, comme l’annonce le blog officiel Call of Duty. Au programme : le test multijoueur classique, une mission de la campagne, et une incursion dans Warzone, le mode battle royale du jeu.

Une bêta ouverte, c’est le moment où un jeu de tir compétitif rassemble le plus de monde. Donc le moment où un éditeur a le plus besoin de rassurer sur son anti-triche. Activision affirme que, pendant le week-end précédent, les taux d’infection étaient plus bas. Autrement dit la proportion de parties où au moins un tricheur est détecté. Les bannissements matériels, qui visent la machine elle-même et pas seulement le compte, auraient été plus difficiles à contourner. Le délai d’intervention se serait amélioré.

Aucun de ces trois points n’est assorti d’un chiffre. Plus bas que quoi, de combien, amélioré de combien de minutes : ces questions n’ont pas de réponse publique.

Ce que ça change vraiment quand tu lances une partie

Voilà la seule question qui te concerne vraiment. Pas le nombre de lettres envoyées, mais le nombre de tricheurs que tu croises ce mois-ci en partie classée. Ces deux questions ne se répondent pas l’une l’autre.

Il y a un vrai raisonnement derrière la manœuvre. Viser le vendeur coûte plus cher au marché que de bannir des comptes un par un. Un logiciel qui disparaît, ce sont des dizaines de revendeurs qui perdent leur source du jour au lendemain. Le rapport revendiqué par Activision le montre bien : 375 opérations de revente perturbées pour seulement 30 vendeurs fermés. Et se faire filmer sur son perron laisse une trace que la fermeture discrète d’un compte n’a jamais eue.

Regarde maintenant ce qu’Elocarry a annoncé. Une suspension temporaire, le temps d’examiner l’affaire. Pas un arrêt. Il continue de vendre pour Rust et Apex Legends, hors du champ de cette mise en demeure. Son outil de triche Call of Duty existe toujours quelque part, prêt à repartir sous un autre nom. Un précédent comme la mise en garde de Blizzard sur TurboHUD4 avant sa vague de bannissements l’avait déjà montré : l’annonce publique et le résultat mesurable sont deux choses distinctes.

La triche ne se réduit pas non plus à un logiciel acheté sur un Discord obscur. Elle vient parfois de l’intérieur, comme ce maître de jeu Blizzard pris à favoriser un streamer. Elle touche tous les niveaux de notoriété, jusqu’à Elon Musk admettant avoir triché sur Path of Exile 2.

Le seul chiffre qui trancherait le débat, Activision ne l’a pas publié : le taux de parties avec tricheur, avant et après ces mises en demeure. Sans lui, cette opération reste une démonstration de force. Pas une preuve d’efficacité.