
Huit semaines. C’est le temps qui sépare la sortie de Moss: The Forgotten Relic de l’annonce de la fermeture du studio qui l’a fabriqué. Polyarc, l’équipe américaine derrière la série de réalité virtuelle Moss, a mis la clé sous la porte le 11 septembre 2026, sur LinkedIn, quelques semaines à peine après avoir livré son troisième et dernier jeu.
Le studio existait depuis près de douze ans. Trois jeux en tout, une petite souris nommée Quill devenue une figure familière du casque VR, et une réputation solide auprès de la critique. Puis plus rien. Pas de rachat annoncé, pas de restructuration, pas de plan de continuité. Juste un message d’adieu, et un silence total sur les raisons.
Une annonce sans explication
La nouvelle a été relayée par Game Informer, dans un article de Marcus Stewart publié le 11 septembre 2026 à 17h00. Le texte cite l’intégralité du message de Polyarc, une déclaration courte, presque pudique, qui ne fait aucune mention d’un motif financier, d’un échec commercial ou d’un choix stratégique.
Le studio écrit : « After nearly 12 years riding the joyous rollercoaster of emotions that is making video games, our time together has come to an end. » (Après presque douze ans à traverser les hauts et les bas de ce manège d’émotions qu’est la fabrication de jeux vidéo, notre aventure commune touche à sa fin.) Puis : « As we wind down active development, we are saying our farewells to each other. » (À mesure que nous arrêtons le développement actif, nous nous disons au revoir les uns aux autres.)

Le communiqué se termine sur deux phrases plus personnelles : « Working together over all of these years has been an honor. Bringing surprise and delight to those who played our games has been a privilege. » (Travailler ensemble pendant toutes ces années a été un honneur. Apporter surprise et joie à ceux qui ont joué à nos jeux a été un privilège.) Et enfin : « Thank you to everyone at Polyarc, our work is now finished. » (Merci à tous ceux de Polyarc, notre travail est désormais terminé.)
Aucun chiffre de licenciement n’est communiqué. Le studio ne précise pas combien de personnes travaillaient encore sur The Forgotten Relic au moment de sa sortie, ni ce qu’il advient d’elles aujourd’hui.
Douze ans, trois jeux, une seule souris
Fondé vers 2014, Polyarc n’a livré que trois titres en douze ans d’existence, tous centrés sur Quill, la petite souris que le joueur guide et protège en réalité virtuelle. Moss sort en 2018 et impose immédiatement le studio comme une référence du genre, salué pour son écriture tendre et sa direction artistique. Moss: Book II suit en 2022, avec un accueil tout aussi favorable. Moss: The Forgotten Relic, sorti en juillet 2026, complète la trilogie et arrive aussi sur consoles, loin du strict cadre VR des deux premiers épisodes.
Un rythme lent, mais tenu. Trois jeux en douze ans pour un studio qui n’aura jamais publié autre chose que la trilogie Moss. Ce choix de rester sur une seule licence, dans un marché VR encore étroit, aura façonné toute l’identité de Polyarc jusqu’à la fin.

Le site officiel du studio présente encore la trilogie complète, sans mention de la fermeture au moment de la rédaction de cet article. Aucune date de retrait annoncée, aucun message aux joueurs sur la page d’accueil.
Ce que le silence laisse en suspens
Un studio ferme deux mois après avoir sorti son jeu, et personne n’explique pourquoi. Pas de mauvaises ventes citées, pas de restructuration de l’éditeur évoquée, pas de rachat qui expliquerait un arrêt brutal. La déclaration dit ce qui s’est terminé, jamais ce qui l’a causé. Ce silence est en lui-même une information, peut-être la seule certitude que les joueurs obtiendront sur cette fermeture.
Reste la question du support. Rien n’indique si les trois jeux Moss continueront de recevoir des correctifs, si les serveurs liés à The Forgotten Relic resteront actifs, ou si la trilogie deviendra simplement un objet figé, achetable mais non maintenu. Cette incertitude n’est pas propre à ce studio. Elle rejoint une inquiétude plus large sur la manière dont les studios communiquent, ou non, avec les joueurs qui ont investi dans leurs jeux, un sujet que nous avions déjà creusé à propos de la confiance des joueurs envers l’industrie.
Pour l’instant, il ne reste que trois jeux, une souris, et un message d’adieu de quelques lignes. Que fera-t-on de Quill, maintenant que ceux qui l’ont créée ont fini leur travail ?




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