
Lundi 7 septembre 2026, la scène du premier Sommet Lumière, à Saint-Paul-de-Vence, appartient d’abord au cinéma et à l’animation. Puis Emmanuel Macron s’adresse au parterre de professionnels réuni pour ce nouveau rendez-vous et change de sujet. Il y annonce vouloir créer un festival international du jeu vidéo.

Journal du Geek recueille l’intégralité du propos le soir même : « Je considère très profondément que le jeu vidéo fait partie de notre culture et doit faire partie, d’ailleurs, de l’exception culturelle française, comme nous avons su le faire pour le cinéma et toutes les créations. Alors nous créerons un festival international du jeu vidéo pensé dès l’origine comme un grand rendez-vous mondial de la création, de l’innovation, des joueurs et de l’industrie. Il nous faut davantage le mettre à l’honneur et réussir à emporter, justement, l’adhésion de tous. »
Le même jour à 15h22, le compte X d’Emmanuel Macron résume l’annonce en une phrase : « Parce que les jeux vidéo font partie de notre culture, nous allons créer un festival international du jeu vidéo. » Au moment de la capture, le message affichait 2,2 millions de vues.
Le festival international du jeu vidéo, une promesse sans détails
Presse-citron situe la scène au Sommet Lumière, qui a réuni à Saint-Paul-de-Vence des acteurs de la création venus de nombreux pays. Rien n’est précisé sur la forme que prendra le projet ce jour-là.

Journal du Geek titre d’ailleurs son article autour d’un « électorat gaming » à séduire, une lecture qui reste celle du média, pas la nôtre.
Montpellier et l’été 2027, dix mois pour tout construire
Selon Frandroid, et Presse-citron qui cite des informations de BFM, l’État aurait approché Montpellier, ville pressentie, en vue d’une première édition à l’été 2027. La ville accueille déjà Ubisoft et Sandfall, le studio de Clair Obscur : Expédition 33.

Le Syndicat national du jeu vidéo, cité par Frandroid, chiffre la filière française à 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 575 studios et 10 000 emplois directs.
De septembre 2026 à l’été 2027, il reste une dizaine de mois pour construire ce festival international du jeu vidéo.
La Paris Games Week, la gamescom, et une Coupe du monde déjà obtenue
En France, la Paris Games Week existe déjà. Organisée chaque automne à Paris, elle se transforme elle-même en festival, avec concerts nocturnes et influenceurs, note Frandroid. Il y a de plus en plus d’annonces lors de cet événement, comme le montre l’agenda des showcases de septembre.

Frandroid rappelle aussi que l’E3, référence mondiale du secteur pendant vingt ans, a fermé définitivement ses portes en 2023, laissant un vide dans le calendrier mondial.
En Allemagne, la gamescom, où l’organisation a dû s’excuser cette année après des vols de matériel sur les stands indépendants, a battu son record de fréquentation en 2026 et reçu, pour la première fois, un président fédéral allemand en exercice, Frank-Walter Steinmeier.
Le week-end précédant l’annonce, le ZEVENT 2026 avait recueilli 33 millions d’euros de dons pour des associations, un signe du poids du public français, rapporte Journal du Geek.
La France a déjà attiré un événement mondial du jeu vidéo cette année. Selon BFM Tech, l’Esports World Cup, retirée à l’Arabie saoudite, doit se tenir à Paris. « C’est vraiment Macron qui a obtenu l’événement », confie à BFM Tech une source proche du dossier. L’article, publié en mai 2026, situait la compétition en juillet.
Le communiqué cité par BFM Tech annonce plus de 2 000 joueurs et 200 clubs, venus de plus de 100 pays, sur 24 jeux répartis en 25 tournois, pour une dotation record de plus de 75 millions de dollars. BFM Tech cite l’Accor Arena et l’Adidas Arena, déjà rodées à l’esport, et rêve du Grand Palais. Selon le même média, l’impact économique de l’événement à Paris pourrait atteindre 300 à 400 millions d’euros.
Un festival à la Cannes, pas un salon de plus
Presse-citron s’interroge sur la forme que prendra ce rendez-vous : ressemblera-t-il à un salon comme la gamescom, ou à un festival de récompenses comme Cannes pour le cinéma ? Les grands événements existants (Summer Game Fest, Game Awards, gamescom, Tokyo Game Show) restent privés et tournés vers le marketing des éditeurs.
Le discours d’Emmanuel Macron laisse entendre un objectif différent, porté par les pouvoirs publics et centré sur la création plutôt que sur les annonces commerciales.
Le Tokyo Game Show, qui vient de fêter ses trente ans sur cinq jours, illustre justement l’autre format, celui d’un salon d’éditeurs, pas un jury de création.
Un festival du jeu vidéo pensé sur le modèle de Cannes ou d’Angoulême imposerait un jury, une sélection et des prix, loin d’un stand d’éditeur.
Journal du Geek prévient d’ailleurs qu’il ne faudrait pas que ce rendez-vous ne soit qu’un nouveau salon de plus, alors que la Paris Games Week occupe déjà une bonne partie du calendrier.
Ce qui manque encore au projet
Frandroid résume la situation en une phrase : « Pour l’instant, personne ne connaît le budget, l’organisateur ni la date exacte. » Construire un festival mondial en une dizaine de mois laisse, de l’aveu même du média, peu de marge.

Contacté par BFM TV et cité par Presse-citron, Nicolas Vignolles, directeur général du Sell, qui organise la Paris Games Week, tempère : « Le Sell a été consulté dans l’été et se réjouit qu’un tel projet soit à l’étude. Tout ce qui peut faire rayonner le jeu vidéo en France a notre plein soutien. Nous attendons d’en savoir plus, pour voir comment les grands éditeurs internationaux pourraient contribuer. »
Il précise rester, pour l’heure, mobilisé sur le plus grand événement du secteur en France cette année : la Paris Games Week.




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