
Un soldat casqué épaule son fusil d’assaut et abat un chevalier lancé au galop : c’est Kingmakers résumé en une scène. La vidéo de gameplay de 12 minutes, présentée le 14 septembre 2026 pendant la tinyBuild Connect, montre un jeu de tir à la troisième personne où l’on commande aussi une armée, en 1403, aux côtés d’Owain Glyndŵr.
Mitrailleuses, chars et hélicoptères y affrontent épées et armures de plates. Pourtant, Kingmakers n’a toujours aucune date de sortie, un an après le report de son accès anticipé prévu en octobre 2025.
1403, une rébellion galloise et des fusils d’assaut
La question posée par le studio Redemption Road tient en une ligne : que se passe-t-il si l’on apporte des armes modernes au Moyen Âge pour réécrire l’histoire ? La vidéo officielle, intitulée « Gameplay Overview Deep Dive » (présentation approfondie du gameplay), y répond par un voyage en 1403. Le joueur y aide Owain Glyndŵr (Owen Glendower dans les sources anglophones) à transformer sa rébellion en empire face aux Anglais du futur Henri V.

Ce sont des scientifiques anglais du présent qui envoient le héros dans le passé. Leur plan est simple : placer Owain sur le trône, faute d’autre moyen. Le scénario repose sur une ligne temporelle faussée. Dans l’histoire que l’on connaît, la révolte galloise a fini écrasée. Dans la « vraie » histoire, Owain l’a emporté. Une force mystérieuse appelée le Precept a tout dérangé, et c’est cette victoire qu’il faut rétablir.
L’enjeu est radical. Si le Pays de Galles ne conquiert pas l’Angleterre, la Terre entière est détruite. Les adversaires viennent aussi bien du passé que du futur, tous décidés à préserver la ligne temporelle actuelle. La campagne s’étend sur l’Angleterre et l’Écosse.
Le ton, lui, ne se prend pas au sérieux. Quand la fille d’Owain suggère la diplomatie, le héros lui rétorque que son père n’a pas conquis l’Angleterre autour d’une tasse de thé avec le roi.
Un jeu de tir où l’on commande aussi une armée
Kingmakers joue sur deux tableaux. À la troisième personne, le joueur tire, charge et esquive au milieu de la mêlée. À tout moment, il bascule en vue stratégique et passe du simple soldat au chef de guerre.

Cette vue s’inspire d’Age of Empires, de Stronghold et de Manor Lords. Les habitués des jeux de stratégie en temps réel comme Warcraft III retrouveront les réflexes : donner des ordres, construire, nommer des officiers, lever de nouvelles troupes.
Le principe consiste à fonder des colonies en territoire hostile. Les fermes réclament un sol fertile, les scieries des forêts voisines, et les paysans ont besoin d’un toit. Des gisements d’argent ou de fer peuvent se cacher dans la zone. Quand la colonie grandit, ses murs et ses fortifications doivent grandir avec elle. Chaque bâtiment respecte l’échelle réelle, il est meublé, et on peut y entrer.
La caserne forme d’abord des paysans mal entraînés. Avec l’expansion de la colonie, elle fournit de la cavalerie, des archers, des berserkers et des hommes d’armes. Chaque type d’unité a ses avantages sur le champ de bataille.
Entre deux chantiers, il faut sortir piller les villages et les forts anglais, à pied ou sur roues. Les missions fixent des objectifs précis : faire le siège d’un château, escorter un noble gallois à travers le territoire.
Des milliers de soldats qui décident seuls de fuir
Les développeurs promettent des dizaines de milliers de soldats par mission, avec la finesse que l’on attend d’un jeu de tir à gros budget. Pour y arriver, Redemption Road s’appuie sur une version d’Unreal Engine 4 (le moteur graphique d’Epic Games) retouchée en interne et optimisée pour le processeur comme pour la carte graphique.

Arbres et bâtiments sont entièrement destructibles. Une grenade suffit à ouvrir un mur, et la vidéo le montre à plusieurs reprises.
Chaque soldat décide pour lui-même d’attaquer, de reculer ou de fuir. Ces choix dépendent d’un système de moral (la confiance des troupes dans leur victoire) et de loyautés. Un acte isolé peut pousser des voisins à s’enfuir de peur, ou à contre-attaquer. Abattre un officier de haut rang provoque parfois un effet domino : ses hommes lâchent prise les uns après les autres et la retraite devient générale.
Tenir la colonie demande aussi de savoir regarder la bataille de plus haut. Les barons et les nobles anglais ne se laissent pas piller sans réagir : ils reviennent avec d’énormes armées et lancent des sièges. Murs, tours d’archers, balistes et trébuchets (des machines de guerre qui lancent d’énormes projectiles) peuvent alors faire basculer l’affrontement.
L’équipe restée dans le présent donne un coup de main avec un soutien aérien et des tourelles. Dans Kingmakers, le joueur doit donc jauger ce que ses troupes encaissent seules, puis décider du moment où il intervient en personne, fusil à la main.
L’or part vers le présent, les chars arrivent
La progression repose sur un échange entre deux époques. L’argent, le cuivre et l’or ramassés au Moyen Âge repartent vers le présent, où l’équipe de soutien les convertit en équipement. Au début, ce sont des pistolets-mitrailleurs et des fusils automatiques. Viennent ensuite les miniguns et les lance-grenades, puis les tourelles, les frappes aériennes, les chars et les hélicoptères. Cet arsenal moderne arrive par paliers, et chaque palier se paie en métal précieux.
Les déplacements suivent la même courbe. Une moto permet d’abord de traverser les territoires à toute vitesse. Les voitures et les camions arrivent plus tard dans la campagne, puis les véhicules blindés et les chars.


L’adversaire s’adapte. Plus les victoires s’enchaînent, plus l’ennemi promeut des officiers bardés de fer épais et protégés par des boucliers. Les petits calibres les entament à peine, d’où l’intérêt des améliorations d’armes. Un chevalier de ce rang n’hésite pas à charger à travers ses propres hommes, ou à défoncer un mur pour vous atteindre.
Ces officiers valent plus vivants que morts. La démonstration en immobilise un au taser. Capturé, il peut être rendu contre une rançon en or, torturé pour livrer des informations, ou exécuté pour remonter le moral de la troupe. Ce moral débloque ensuite des améliorations permanentes de classe, de nouvelles armes et de nouvelles capacités, pour le personnage comme pour ses soldats.
Le jeu se parcourt seul ou à quatre. Toute la campagne est jouable en coopération « drop-in, drop-out » (on rejoint ou on quitte la partie à tout moment), et chaque joueur commande sa propre armée. Redemption Road prévoit 30 à 40 heures de contenu au lancement de Kingmakers.
Un an après le report, Kingmakers toujours sans date
Le jeu a été dévoilé par un trailer en février 2024. Le 27 mai 2025, un message sur Steam fixait son accès anticipé (une version payante, pas encore terminée) au 8 octobre 2025. Le 3 octobre, cinq jours avant l’échéance, le report tombait, sans nouvelle date.
PCGamesN détaillait l’affaire le 4 octobre 2025, sous la plume de Ken Allsop : le studio refusait de couper des fonctionnalités pour tenir le calendrier. Le jeu comptait alors parmi les plus ajoutés en liste de souhaits sur Steam.

La page Steam n’a pas bougé depuis. La sortie y reste marquée « Coming soon » (bientôt disponible), pour PC Windows uniquement. Les inscriptions au playtest (une session de test ouverte à des joueurs) passent par le bouton « Request access » (demander l’accès). Aucune vague n’est datée.
La présentation de gameplay de la tinyBuild Connect n’y a rien changé. PixelKin en a rendu compte dès le 14 septembre, sous la signature d’Eric Watson. Deux jours plus tard, GameWave et Corentin Rimbert constataient que la date restait un mystère.


Un accès anticipé réussi peut changer la trajectoire d’un jeu de guerre : WARDOGS a vendu un million de copies dès le sien. Celui de Kingmakers, au 13 octobre 2026, n’a toujours pas de date.




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