Heart Machine licencie « presque tout le monde », son éditeur s’est retiré

Illustration : un logo de studio fracturé devant la silhouette d'un monstre de Hyper Light Drifter, dans un bureau vide.

Article de Kami

Jeudi 17 septembre 2026, la presse spécialisée reprend un message publié la veille sur LinkedIn par Alx Preston, fondateur du studio Heart Machine. Le verdict tient en une phrase. Presque tout le monde, chez le créateur de Hyper Light Drifter, vient de perdre son poste. La cause immédiate est simple. Un éditeur a retiré cette semaine-là le financement d’un jeu non annoncé, et sans ce revenu, le studio n’avait plus les moyens de garder son équipe.

« Nearly everyone » : l’annonce d’Alx Preston

Capture d'écran de l'article de Nintendo Life daté du 17 septembre 2026, avec le titre et une citation d'Alx Preston.
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Nintendo Life, Jim Norman, 17 septembre 2026. Le titre reprend la citation « It’s devastating » (« C’est dévastateur ») d’Alx Preston.

Le message d’Alx Preston, relayé par PC Gamer (Andy Chalk) et par Kotaku (Ethan Gach), ne laisse guère de place au doute. « We had been working on an unannounced title, funded by a publisher. This week, they decided to no longer move forward with it. Without this key income for the studio, any other immediate prospects or other funds, nearly everyone at the studio had to be laid off. It’s devastating. » (Nous travaillions sur un titre non annoncé, financé par un éditeur. Cette semaine, il a décidé de ne plus aller de l’avant. Sans ce revenu essentiel pour le studio, sans aucune autre perspective immédiate ni aucun autre fonds, presque tout le monde au studio a dû être licencié. C’est dévastateur.)

Preston ne ferme pas la porte, mais il ne la tient pas ouverte non plus. Interrogé sur l’avenir du studio, il a livré à Kotaku une phrase plus sèche encore. « Right now, I’m not sure yet how or if Heart Machine survives. » (Pour l’instant, je ne sais pas encore comment, ni même si, Heart Machine va survivre.) Il promet malgré tout un accompagnement aux salariés remerciés, notamment une aide au reclassement pour retrouver un poste ailleurs dans l’industrie.

Heart Machine, un studio déjà à bout de souffle

Capture d'écran de l'article de Game Informer daté du 17 septembre 2026, illustré par une scène de Hyper Light Drifter.
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Game Informer, Charles Harte, 17 septembre 2026.

Ce licenciement ne tombe pas sur un studio en pleine santé. Heart Machine s’est fait un nom en 2016 avec Hyper Light Drifter, un action-RPG en pixel art autoédité et salué par la critique. Cinq ans plus tard, en décembre 2021, Solar Ash change de registre avec un plateformer en 3D publié par Annapurna Interactive. Depuis, la trajectoire s’assombrit.

Hyper Light Breaker, un roguelite bâti autour du butin, entre en accès anticipé en janvier 2025 sous la bannière d’Arc Games. Les ventes déçoivent. En octobre 2025, le studio annonce l’arrêt du développement, accompagné d’une première vague de licenciements. Le jeu ne recevra jamais sa version 1.0 et reste, un an plus tard, coincé en accès anticipé sur Steam. La même année sort Possessor(s), un Metroidvania édité par Devolver Digital qui plafonne à 71 sur Metacritic et se fait reprocher des contrôles peu précis. Sa sortie est, elle aussi, précédée d’une deuxième vague de licenciements, toujours en octobre 2025, selon PC Gamer.

Un symptôme, pas un accident isolé

Capture d'écran de l'article de PC Gamer daté du 16 septembre 2026, premier grand média à relayer l'annonce.
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PC Gamer, Andy Chalk, 16 septembre 2026. Premier grand média à relayer le message LinkedIn d’Alx Preston.

L’histoire de Heart Machine illustre un mécanisme que kami-labs.fr a déjà documenté à plusieurs reprises cette année. Un studio qui dépend d’un seul partenaire extérieur pour financer sa survie s’effondre le jour où ce partenaire s’en va, quelle que soit la qualité de son travail. Polyarc a fermé deux mois après la sortie de son dernier jeu, Moss: The Forgotten Relic. Sega a fermé Rovio Copenhague trois ans après l’avoir racheté 706 millions d’euros. Intrepid Studios, l’éditeur d’Ashes of Creation, est aujourd’hui placé sous séquestre judiciaire par la justice américaine.

Heart Machine n’a pas d’actionnaire à qui reprocher une fermeture. Il a un éditeur qui a changé d’avis, à quelques semaines d’un versement attendu. Le résultat, pour les salariés, est identique. Un jeu qui n’était même pas encore public a suffi à faire vaciller onze ans d’existence.