
Un brouillard qui ne se lève jamais tout à fait, une île écossaise absente de toute carte, une télévision de poche qui capte des signaux qu’elle ne devrait pas recevoir. C’est le décor que notre article du 20 août annonçait pour le 24 septembre 2026 : Silent Hill Townfall est sorti ce jour-là sur PS5 et PC, via Steam et l’Epic Games Store.
Cinq jours plus tard, le jeu affiche deux visages. Sur Metacritic, la fiche PS5 additionne 75 critiques pour un Metascore de 81, classé « Generally Favorable ». La note des joueurs, sur la même page, tombe à 7,2 sur 396 votes, classée « Mixed or Average ». Sur Steam, les avis positifs oscillent entre 68 et 71 % selon le moment où on les compte, un chiffre qui bouge. Selon Gagadget, l’écart entre critiques et joueurs est le plus large qu’ait connu la renaissance de la licence.

Ce que la presse a vu dans Silent Hill Townfall
Le studio derrière le jeu est écossais : Screen Burn, l’équipe qui a signé Observation et Stories Untold sous le nom de No Code avant de se renommer. Annapurna Interactive publie le jeu sous licence Konami. L’histoire se déroule en 1996, sur l’île fictive de St. Amelia. Simon Ordell y revient « to put things right » (pour réparer les choses), muni d’une CRTV, une télévision de poche qui capte des signaux instables. Le jeu se joue à la première personne : évasion, combats, énigmes narratives.
C’est cette vue à la première personne, justement, que la critique retient. Checkpoint Gaming, sous la plume de Jarrod Harrison, publie son test le 27 septembre et parle d’un « terrifying success » (une réussite terrifiante). L’atmosphère écossaise, les énigmes et l’histoire emportent l’adhésion ; Harrison ajoute que les bonnes choses vont par trois, après Silent Hill 2 Remake et Silent Hill f. Le Metascore de 81 rassemble ce type d’avis sur 75 critiques.

Ce que les joueurs reprochent sur Steam
Sur la page Steam du jeu, environ 900 avis s’étaient accumulés le jour du lancement, pour 68 % de retours positifs. Gagadget relève de son côté 71 %. Dans les deux cas, près d’un joueur sur trois déconseille le jeu.

Les griefs reviennent souvent : les phases d’infiltration sont jugées « repetitive and underdeveloped » (répétitives et sous-développées), le combat manque de punch, l’optimisation laisse à désirer. Le prix pèse aussi dans la balance, comparé à celui de Silent Hill 2 Remake. Un avis relayé par Gagadget résume l’état d’esprit d’une partie du public : « Konami is selling another indie horror under a famous brand » (Konami vend encore un jeu d’horreur indé sous une marque célèbre). Les mêmes joueurs saluent pourtant l’atmosphère et la direction artistique, sans réserve.
Pourquoi moins de joueurs que Silent Hill f et le remake de Silent Hill 2
Premier week-end : selon Notebookcheck, Silent Hill Townfall a réuni près de deux tiers de joueurs Steam simultanés en moins que Silent Hill f et le remake de Silent Hill 2 à leur propre lancement. Le média ne donne aucun chiffre absolu, seulement cet écart relatif.
Le prix n’aide pas la comparaison : 49,99 dollars en édition standard, 59,99 dollars en édition deluxe. C’est l’argument qui revient sous la plume des joueurs mécontents, celui d’un format indépendant vendu sous une grande marque plutôt qu’une suite calibrée comme les deux épisodes précédents. La disponibilité se resserre aussi : Silent Hill Townfall ne sort que sur PS5 et PC, avec six mois d’exclusivité console. Les versions Xbox et Nintendo Switch 2 n’arriveront qu’après mars 2027. Le même 24 septembre, Control Resonant, de Remedy, sortait aussi, sur un calendrier d’automne déjà chargé.
Ce que ça dit de la stratégie de Konami
Konami confie ses Silent Hill à des studios extérieurs, et pour Townfall la licence passe même par un éditeur tiers, Annapurna Interactive, avec Screen Burn aux commandes. Checkpoint Gaming range Silent Hill Townfall comme le troisième temps d’une bonne série, après Silent Hill 2 Remake (octobre 2024) et Silent Hill f (septembre 2025) : trois jeux en deux ans, trois équipes, trois formats.
Un autre lancement du même mois inverse le schéma. Wolverine s’est vendu à 1,9 million d’exemplaires en trois jours malgré un Metascore de 77, inférieur à celui de Silent Hill Townfall. L’écart presse-joueurs joue donc dans les deux sens : ici la presse porte le jeu quand les joueurs freinent, ailleurs les joueurs achètent malgré une presse plus tiède.




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