The Sinking City 2 est sorti, fabriqué sous les bombes

The Sinking City 2 développé sous les bombes

Article de Kami

The Sinking City 2 est sorti ce matin à 9h sur Steam, PS5 et Xbox Series. Derrière ce lancement, un studio de Kyiv qui a passé quatre ans à finir son jeu entre les alertes aériennes et les coupures de courant. Frogwares vend son survival horror 49,99 €, dix euros sous le tarif d’un gros jeu, et la critique le place à 81 sur OpenCritic.

Le studio a aussi changé de genre en route. L’enquête lente du premier épisode a cédé la place au combat et à la gestion de ressources. Ce virage explique une partie du retard, et il explique aussi pourquoi les tests parlent d’un jeu plus resserré que son aîné.

Sorti ce matin, à 49,99 €

La version standard est à 49,99 € sur Steam, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. L’édition Premium à 59,99 € donnait vingt-quatre heures d’avance, ce qui explique les tests publiés dès hier.

Frogwares est à la fois développeur et éditeur, ce que la fiche Steam affiche noir sur blanc. Le studio s’auto-édite désormais, et il est aussi redevenu seul éditeur du premier épisode. Une démo d’une heure reste disponible pour ceux qui hésitent.

Key art officiel de The Sinking City 2
Le key art officiel, récupéré en pleine résolution sur la fiche Steam. Frogwares.

Le cadre reste les années 1920, dans un Arkham noyé sous les eaux. Les étiquettes que les joueurs collent au jeu sur Steam résument bien le programme, entre lovecraftien, action, tir à la troisième personne et horreur.

Kyiv, quatre-vingt-dix personnes, et une guerre

Frogwares emploie plus de 90 personnes à Kyiv. L’invasion russe a commencé en février 2022, et le studio a continué à travailler. Pas dans de bonnes conditions.

Les attaques de drones font partie du quotidien, les frappes de missiles aussi. Quand les infrastructures énergétiques ont été visées, l’électricité a manqué pendant des mois et la production s’est arrêtée. L’équipe a été dispersée quand la sécurité l’exigeait. Le financement participatif a servi à tenir.

Un détail dit tout du contexte. La semaine où Frogwares a arrêté sa date de sortie, plusieurs villes ukrainiennes subissaient les pires bombardements depuis le début de l’invasion. Le responsable édition du studio a résumé la chose en disant que tout pouvait encore basculer d’un instant à l’autre.

Fiche Steam de The Sinking City 2 avec la bannière Ukrainian Games Festival
La fiche Steam du jeu, le 18 août 2026. Frogwares apparaît comme développeur et éditeur, les avis sont « très positifs », et la page est surmontée de la bannière du Ukrainian Games Festival. Capture : Steam.

Ce contexte n’a pas servi d’excuse commerciale. Le prix de lancement est inférieur à celui d’une grosse production, et le jeu est jugé sur pièce par la presse comme n’importe quel autre.

L’enquête laisse la place au combat

Voilà l’autre changement majeur. Le jeu de 2019 reposait sur un monde ouvert et une mécanique d’enquête réputée lente. Beaucoup de joueurs saluaient l’ambiance et reprochaient le rythme.

The Sinking City 2 tranche. Le monde ouvert cède la place à des espaces plus resserrés, le combat passe au premier plan, et il faut gérer ses munitions comme ses soins. La référence que sortent la plupart des tests est Resident Evil, ce qui situe assez bien le tournant.

Frogwares avait prévenu dès octobre 2025, en annonçant le report du jeu en 2026. Deux raisons étaient données. La guerre, et le fait que concevoir un survival horror demande une approche entièrement différente de celle d’un jeu d’aventure, ce qui ralentit forcément le développement.

Sinking City 2 décroche 81 sur OpenCritic

Les chiffres sont sortis la veille du lancement. The Sinking City 2 obtient 81 sur 100 sur OpenCritic après trente-deux tests, avec la mention « Strong » et 69 % de critiques qui recommandent le jeu. Sur Metacritic, la note oscille entre 79 et 84 selon la plateforme. Le titre se classe dans les 17 % les mieux notés du site.

Récapitulatif des tests de The Sinking City 2 sur gagadget
gagadget.com, Anton Kratiuk, 17 août 2026. Le récapitulatif confirme que l’abandon de la formule d’enquête était le bon choix, et rappelle que le studio de Kyiv compte plus de 90 personnes.

La critique valide donc le changement de cap, avec une réserve qui revient d’un test à l’autre. Des bugs. Rien qui empêche de jouer d’après les retours, mais assez pour coûter quelques points à un jeu qui aurait pu viser plus haut. Côté joueurs, Steam affichait des avis « très positifs » quelques heures après l’ouverture.

Un mois d’août chargé pour l’action à la troisième personne

Le calendrier ne fait pas de cadeau à Frogwares. Le jeu sort une semaine après le State of Play dédié à Phantom Blade Zero et quelques jours avant la gamescom 2026, qui va aspirer l’attention à partir du 25 août. Elden Ring arrive sur Switch 2 le 28.

Ce virage vers le combat et la gestion de ressources n’a rien d’isolé. Les genres s’empruntent leurs mécaniques depuis des années, au point que les jeux de tir ont fini par piocher chez les RPG et les jeux de survie. Un studio d’enquête qui bascule vers le survival horror suit la même logique.

Reste la question du pari. Frogwares a troqué son identité de studio d’enquête contre un terrain déjà occupé par des séries installées. À 81 de moyenne et avec un prix plus bas que la concurrence, le calcul semble tenir.