Crazy Taxi : mention IA réécrite, la presse regarde ailleurs

Crazy Taxi : Taxi jaune décapotable conduit par un personnage aux cheveux verts, dérapage et fumée de pneus dans une rue de San Francisco avec palmiers et tramway, sur un fond de papier déchiré

Article de Kami

Quatre formulations en trois mois, dont deux sur la fiche Steam. C’est ce que Sega a produit pour expliquer l’usage de l’intelligence artificielle générative (une technologie capable de produire du texte ou des images à partir d’une simple description) dans Crazy Taxi: World Tour. Le jeu a été révélé début juin 2026, au Xbox Games Showcase, sous la direction de Kenji Kanno, le créateur de la série originale. Depuis, la mention IA a été réécrite, deux précisions ont été données à la presse, et les journalistes qui ont testé le jeu à la gamescom en parlent de moins en moins.

Haut de la fiche du jeu sur Steam, avec la date de sortie prévue en 2027, le studio et l'éditeur SEGA, et deux événements listés : la révélation de la carte Allemagne et le test réseau fermé
Steam, capture du 9 septembre 2026 : sortie prévue en 2027, SEGA au développement et à l’édition, événements « Germany Map Reveal » (26 août) et « Closed Network Test » (30 juillet).

Une mention IA sur Steam, une réaction immédiate

Dès la révélation de Crazy Taxi, la fiche Steam du jeu portait une section « AI Generated Content Disclosure » (mention de contenu généré par IA), où Sega précisait utiliser l’IA générative comme outil de support pour ses développeurs. La série revenait après une longue absence : son dernier épisode console remonte à 24 ans, et l’original avait été retiré des boutiques (delisted, en anglais), ce qui rendait ce retour déjà sensible avant même la question de l’IA.

Le site GamesRadar a réagi dès le 7 juin. Son titre donnait le ton : « Sega stuffed generative AI into Crazy Taxi: World Tour, slamming the brakes on all the excitement after a 3-year wait » (Sega a fourré de l’IA générative dans le jeu, et a coupé court à tout l’enthousiasme après une attente de trois ans). L’article de Scott McCrae pour GamesRadar commençait par cinq mots répétés : « No no no no no. » (Non non non non non.) Sega venait aussi de fermer son studio Rovio Copenhague, trois ans après l’avoir racheté.

Sega complète sa version en deux jours

Le 7 juin 2026, Sega apporte une première précision. L’éditeur confie à Game Informer que « Assets were still subject to review by the development team » (les créations restaient soumises à la revue de l’équipe de développement), une phrase absente du texte original. Le lendemain, une interview de Kenji Kanno par Kotaku précise le rôle exact de l’IA dans le jeu.

Article de Shacknews titré « Crazy Taxi: World Tour has an AI-generated content disclosure on Steam », avec les mentions de mise à jour du 7 et du 8 juin
Shacknews, TJ Denzer, 8 juin 2026 : l’article qui suit les deux mises à jour de la mention IA en l’espace d’un jour.

Selon Kanno, l’intelligence artificielle générative ne sert que « as a reference » (comme référence), et tout ce qui entre dans le jeu est « made by an actual human » (fait par un vrai humain). C’est Shacknews, sous la plume de TJ Denzer, qui a suivi les deux mises à jour au fil des jours, dans un article régulièrement complété entre le 7 et le 8 juin.

Ce que dit la fiche Steam de Crazy Taxi aujourd’hui

Capturée le 9 septembre 2026, la fiche Steam du jeu affiche un texte encore différent. Sega y présente l’IA générative comme un outil de soutien optionnel, destiné à laisser plus de temps aux équipes pour les tâches créatives. La phrase centrale précise : « generative AI was used as part of the ideation process for background objects. However, no AI-generated content will be included in the final game » (l’IA générative a été utilisée dans le cadre du processus d’idéation des objets de décor ; toutefois, aucun contenu généré par IA ne sera inclus dans le jeu final).

Section « AI Generated Content Disclosure » de la fiche Steam, expliquant en anglais l'usage de l'IA générative pendant le développement du jeu
SourceSteam, capture du 9 septembre 2026 : le texte actuel de la mention IA, qui limite l’usage de l’intelligence artificielle générative aux objets de décor et l’exclut du jeu final.

Quatre formulations se sont succédé, avec chaque fois une nuance différente. Début juin, la fiche Steam présentait l’IA comme un simple outil de support. Le 7, une revue humaine s’ajoutait à la déclaration faite à Game Informer. Le 8, Kanno réduisait l’IA à une « référence ». En septembre, la fiche Steam réécrite la limite aux objets de décor et l’exclut du jeu fini. Crazy Taxi: World Tour reste attendu en 2027 sur PC, PS5, Xbox Series X|S et Switch 2.

La carte Allemagne, sans écran de fin

La première preview publique arrive le 26 août 2026, sous la plume d’Ozzie Mejia pour Shacknews. Le journaliste conduit dans la nouvelle carte Allemagne et retrouve des sensations familières : la bande-son originale de The Offspring et de Bad Religion accompagne toujours les courses. La vraie nouveauté tient au chronomètre : quand le temps s’écoule, il n’y a plus d’écran de fin, le jeu continue dans le monde ouvert.

Taxi jaune roulant sur une route allemande, capture de la preview de Shacknews consacrée à la carte Allemagne
Shacknews, Ozzie Mejia, 26 août 2026 : premières images de la carte Allemagne, testée avant la gamescom.

Des quêtes annexes ponctuent la carte, comme conduire un pizzaïolo à travers la ville ou catapulter un homme en wingsuit (une combinaison ailée qui permet de planer) après un freinage brutal appelé « Crazy Stop ». Mejia note toutefois que le jeu « doesn’t look like it’s advanced much, from a visual perspective, since 1999 » (visuellement, le jeu ne semble pas avoir beaucoup évolué depuis 1999). Le test réseau fermé de Crazy Taxi, une phase d’essai multijoueur réservée à un groupe restreint de joueurs, est prévu du 11 au 13 septembre, avant une sortie complète en 2027.

Kenji Kanno promet « une surprise »

Le 3 septembre 2026, Push Square publie sa propre preview, signée Sammy Barker, qui a testé une version PS5 très en amont. La cathédrale de Cologne apparaît dans la carte Allemagne, aux côtés d’une gare centrale. Le jeu final comptera cinq lieux au total, dont le retour de San Francisco, la ville de l’épisode original.

Kenji Kanno posant devant le logo du jeu, photo accompagnant la preview de Push Square
Push Square, Sammy Barker, 3 septembre 2026 : Kenji Kanno, créateur de la série et directeur de World Tour, interrogé à la gamescom.

Barker interroge aussi Kanno sur le nouveau design des personnages, plus habillés que dans l’original. Le créateur répond : « the characters in the original game were half naked, so we thought it was better to have them wear something » (les personnages du jeu original étaient à moitié nus, alors nous avons pensé qu’il valait mieux les habiller). Interrogé sur la bande-son, il promet « there’ll be a surprising announcement real soon » (il y aura bientôt une annonce surprenante).

Le 2 septembre 2026, TheGamer recueille une autre confidence. Des rumeurs évoquaient un mode en direct façon Fortnite (un jeu dont le contenu continue d’évoluer après la sortie), mais Kanno tempère : « I don’t want everyone to play the multiplayer mode » (je ne veux pas que tout le monde joue au mode multijoueur), avant d’ajouter qu’« another giant surprise » (une autre immense surprise) attend la bande-son.

Eurogamer relègue l’IA au douzième paragraphe

Le 9 septembre 2026, le site américain Aftermath revient sur un choix éditorial. Une preview d’Eurogamer, publiée la semaine précédente, titrait : « Gen-AI controversy aside, after 30 minutes with Crazy Taxi: World Tour, it feels like classic arcade Sega – and it’s an absolute blast » (polémique liée à l’IA générative mise à part, après 30 minutes avec le jeu, on retrouve les sensations du Sega arcade classique, et c’est un pur plaisir). Le sujet de l’IA n’apparaît qu’au douzième paragraphe, sur douze au total.

Illustration du chauffeur de taxi du jeu sur la page d'Aftermath consacrée à la polémique autour de la mention IA
Aftermath, 9 septembre 2026 : l’article qui reproche à Eurogamer d’avoir relégué l’IA au douzième paragraphe de sa preview.

L’article d’Eurogamer a réuni plus de cent commentaires, en grande partie hostiles à ce choix de titre. Quelques jours plus tard, le même site publiait une impression sur 1666: Amsterdam, un autre jeu associé à l’IA générative, avec une ligne : « There’s the AI stuff in the game, of course, which is just as miserable as always » (il y a le truc IA dans le jeu, bien sûr, toujours aussi lamentable). Pour Crazy Taxi, la mention tient en une ligne au bas d’une fiche Steam. La question de savoir si elle mérite un titre ou un douzième paragraphe, elle, reste ouverte.